Wenfile

Là où la guerre menace, là où les loups gouvernent ...
 
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 Le Mal . #

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MessageSujet: Le Mal . #   Mer 25 Avr - 0:15

Tandis que les crachats rouge de la mitraille,
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu;
Qu'écarlates ou verts, près du roi qui les raille
Croulent les bataillons en masse dans le feu;

Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ses hommes saintement ! ...

- Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnets noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

[ Arthur Rimbaud ]


# . Les 'bataillons' se sont déjà écroulés 'en masse'. 'Qu'écarlates ou verts', ils sont tous tombés, les uns après les autres. Se massacrant, se brisant, se torturant. Leurs crocs s'entrechoquaient, leurs griffes déchiraient, et s'entrechoquaient, dans un bruit si familier se mêlant plus ou moins agréablement aux cris de rages et de souffrances parcourant le long de leurs échines dont le poil se hérissait sous l'effort et le trop plein de ressentiments éprouvés à ces moments donnés; particuliers. 'Nature', tu n'auras donc pas su sauver ton admirable petite progéniture si fragilement apeurée et réduite à néant; réduite à un petit esclavage qui aura, sans doute, raison de sa force, de sa volonté, de son avenir; et pourquoi pas, de sa vie. Ô pauvre 'Nature'. Abandonnés, tu les as laissés là, au creux des bras d'un 'Roi qui les raille', 'tandis qu'une folie épouvantable broie' leurs misérables espoirs d'enfants de leur mère 'Nature'. Aurais-tu perdue, face aux atrocités du monde ? Quel comble. Ce sont tes propres enfants qui ont massacrés tes autres petits, 'Nature'. N'est-ce pas là un faux paradoxe que tu aurais tant voulu éviter par les heures, les jours, les années et les siècles passés ? Que tu étais naïve, 'Nature', serais-tu comme tout ses pauvres loups ignares qui peuplent encore trop souvent ses terres censées êtres sacrées ? Oh. Que dis-je ? Après tout, nous connaissons un dicton qui nous disait 'Tel père, tel fils'; adaptons cette forme pour s'approprier à cette situation assez comique et tragique, digne d'une grande pièce de théâtre tragi-comique : Tel Mère, Tels Enfants. N'aurais-tu donc pas dû inculquer des valeurs plus valorisable à tes chers petits ? Ou peut-être est-ce leur intelligence qui se soit évaporée en naissant ? Qu'importe. Le résultat est le même, n'est-ce donc pas vrai ?
Comment tes enfants peuvent-ils se jeter à la mort d'eux-même, alors qu'ils prient chaque jour pour que cette dernière s'éloigne encore plus d'eux et de leurs biens-aimés ? Paradoxe, Paradoxe; Ô douce insomnie de mon âme charognarde en quête d'un Paradoxe si déchiré et vérité. Ils n'ont point peur de mourir pour leur fratrie en ces temps infâmes et délicieux de guerre... Quelle est donc cette si belle différence que je ne sache point révéler à mes yeux vides d'innocence ? Ô 'Nature', toi qui dors si profondément au creux de la Terre, enfermée par l'un des tiens, tu serais aussi pitoyable que ces miséreux apeurés ? S'ils savaient à quel point la vie était belle lorsque l'on est condamné. Ne leur as-tu point appris cela ? La mort est belle. Elle est douce et viendra les chercher tôt ou tard; pourquoi le renier ? Pourquoi Me renier ? Suis-je si différente de cette mort qu'ils traitent de monstre charognard ? Oh, non, 'Nature'. Toi aussi, tu le sais... Toi aussi... Et pourtant, tu continues d'accepter qu'une 'folie épouvantable broie', ces petits êtres que l'on eusse cru les tiens, les transformants en 'tas fumants', corps cadavériques en putréfaction attendant que leur âme trouve la paix dans la vengeance inouïe des leurs qui hurleront leur peine et leur perte à la lune, qui en leur enverra, qu'une lueur pâle et blanche, tellement innocente et si moqueuse et méprisante à la fois.
Et toi, ô Lac, seras-tu là pour accueillir le sang des loups qui t'ont prit pour maître et gardien ? Toi qui nous relance notre reflet en pleine face sans la moindre pitié pour ceux qui ne le voudrait point. Tu me regardes; ou est-ce moi qui me regarde ? Assise à ta bordure, je ne me rappelle que la douce Ophélie des temps anciens qui, dans sa douce folie, mourut noyée dans tes flots la berçant et l'emmenant avec toi dans les bras de Morphée à tout jamais . #



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Saima
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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Mer 25 Avr - 3:26

[Tu es vraiment douée pour la poésie toi!]

Encore une autre des ces journées, à contempler le ciel. Ce ciel, il en avait vu des vertes et des pas mûres! Des guerres, des tragédies familiales, de l'amour, de la haine... beaucoup de haine. De la jalousie aussi. Ce monde n'était que péché! Mais que serait la vie sans péchés? Le mal, c'était bien. Ça permettait au bien d'exister. Parce que si il n'y a pas de mal, on ne peut pas décider de la nature d'une action. Oh, oui... le mal est très bien.

C'est sur cette pensée que le Chapelier goba la tête d'un poisson qu'il venait de pêcher. Il les préférait quand l'ordeur et le goût était à son apogé, soit après quelques minutes au soleil. D'ailleurs, en cette journée, du soleil il y en avait à revendre! En fait, il y en avait trop. Cette chaleur devenait étouffante, elle le rendait amorphe. Son corps ne voulait pas obéhir à son esprit. Chacun de ses membres criaient pour simplement se reposer, à l'ombre, sans être dérangé. Les membres disaient quelque chose, l'estomac envoyait un signe contradictoire. Tss.

Après avoir engloutit les restes (arêtes incluses), le Fou se remit à marcher sur le bord du lac. Il n'avait aucunement envie de devoir nager pour retourner sur l'île. Non, aujourd'hui, il se prélasserait les pattes avant dans l'eau! Et quiconque le dérangerait aurait droit à un grognement. Tandis qu'il traînait son enveloppe charnelle le long du lac, son regard lui se promenait de long en large. Il s'attarda sur une petite silouette blanche. Pendant un instant il crut que c'était un Skywing, mais en se rapprochant, il reconnut Raven. Un sourire se dessina automatiquement sur ses traits.

Jamais il n'avait vraiment prit le temps de lui parler. Cependant, il ne pouvait nier que cette louve avait un 'quelque chose' qui l'intéressait grandement. La plus grande majorité des Wateriox avaient peur d'elle. Après tout, elle était présage de mort. La dernière victime: Ophélie. Morte noyée. C'était ironique, son propre élément l'avait tué! Raven avait un don impressionnant: elle pouvait voir la mort. Elle pouvait voir qui allait rendre son corps à cette nature. Le Chapelier avait des goûts morbides et complètement détraqués. Ainsi, il aimait bien cette ombre qui plannait toujours au dessus de l'exclue.

À pas de velour, il s'assit près d'elle, s'invitant littéralement. Il coula un petit regard en coin vers cette louve d'une pâleur fantomatique, puis lui adressa un sourire. Chaque sourire du Chapelier était différent. La plupart du temps, ils étaient mauvais et cachaient beaucoup de choses. Or, le sourire qu'il venait de confier à la Wateriox était franc et calme.


-Je m'invite, si cela ne vous dérange pas.

Il l'observa un long moment. Elle était d'une fragilité effarante... Pendant un instant, il tenta de voir si son aura couleur lavande était présent. Malheureusement, avec une tel clarté, impossible à savoir. Quand allait-il mourir? Demain peut-être. Dans trois ans, dans six ans... peu lui importait. Il aimait la mort. Parce qu'elle était considérée comme "mal".

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Mer 25 Avr - 14:05

[ J'aime beaucoup la poésie (: ]

# . 'Des mères, ramassées dans l'angoisse'... Si elles ont si peur, 'Nature', pourquoi n'empêchent-elles pas ces actes incessants de méprisante mort ? Elles ne veulent point leur mort mais elles ne font rien pour l'en empêcher. Enfaite, on ne peut rien faire contre la mort. C'est une sorte de douce fatalité de la vie. Encore un Paradoxe ? Doux Paradoxe d'une vie si paradoxalement invivable. Ô douce folie qui nous entraîne ô combien loin dans le chemin sûrement inévitable d'un destin ébranlé par le temps. Ce temps, qui ne cesse d'amener les autres là où lui le souhaite; et non l'inverse. Que dire de ce ciel si bleu qui semble s'étendre à l'infini ? Contient-il un sorte de 'Dieu' qui 'rit' lui aussi ? Nous ne pourrons jamais le dire, je crois. Et entre tout ces semblants d'êtres, entre ciel et terre, il y a les pauvres loups si fragiles. Il y a Moi. Je suis faible, fragile. Mais, moi, je le sais et le reconnais; on a pas besoin d'être fort pour survivre. C'est la mort qui décide de quand notre route doit s'arrêter, quand notre souffle doit s'éteindre, et quand notre âme - si nous en avons une - doit s'en aller rejoindre un ciel ou une terre qui ne nous appartient pas et dont nous avons du mal à imaginer. La Mort serait-elle une Renaissance ? Paradoxe encore, de cette vie qui nous mène tous à une mort certaine.
Et ce loup au pelage coloré, lui, il ne semble que savoir faire de ces morts qui nous entoure. Quel est son nom déjà ? Je ne sais point. Je ne connais que son surnom qui résonne dans toute l'île avec une crainte ou un sentiment d'intrigue certain : Le Chapelier. Il m'adresse aujourd'hui un sourire; en tout cas, cela y ressemble beaucoup. Il me pose une question rhétorique. Non, pas rhétorique. Juste, que ce n'était point une question. Ce n'est qu'une phrase affirmative. Que me veut-il ? Je n'en sais rien. Cela me change d'une crainte certaine et du dégoût qu'éprouvent les autres loups Wateriox qui scandent mon nom en le crachant comme s'il s'agissait d'un venin puissant; hum... après tout, ils n'ont sûrement point tord. Qu'en dites-vous ? La mort me colle à la peau comme si elle était ma compagne de toujours... Et elle l'est. Aujourd'hui, non. Je ne ressens rien qui me pousse à traquer une pauvre bête sans défense. Aujourd'hui, je suis 'libre'. Peut-être ce soir ne le serais-je plus pendant quelques jours, pendant quelques semaines... Jusqu'à ce qu'une âme quitte un corps; encore, et encore.
Je pose mon regard absent et vide sur Le Chapelier; il m'observe. Je l'ai déjà observé autrefois; dans l'ile. Pas bien longtemps car mon esprit était dirigé à ce moment là vers une vie à son apogée; un jeune loup blessé assez profondément. S'était un espion revenant d'une mission un peu ratée je le crains. Je me demande, si ce loup au pelage unique, sait que je ne puis parler ? Je me contente de la présence des autres, pour ma part; mais eux, pour la plupart, cela ne leur suffit largement pas. Après tout, si mon mutisme le dérange; il n'aura car se lever, et me tourner le dos, comme les autres. Ces autres qui piaillent et couinent qu'on ne fait pas attention à eux ou qu'on les ignore... Ils veulent être aimer, reconnus... Commencez par cesser d'ignorer les autres, et vous ne serez plus ignorer. Enfin, pourquoi pas. Qu'importe, qu'importe. Cela ne mène à rien. Le savent-ils ? Ils ne sont donc que des ignares qui s'en iront, un par un...
Je me demande... Puis-je prédire, ma propre Mort ?  Saurais-je avant mon heure quand je rendrais mon dernier souffle ? Ce serait un si beau Paradoxe; Le Corbeau blanc qui annonce, sa propre mort . #

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Sam 28 Avr - 9:33

La venue du Chapelier eut comme réponse un long silence. C'était ce genre de silence qui, pour les loups paranoïaques, signifiait: tu es emmerdant, dégage. Pour les loups imbus d'eux-même, cela voulait simplement dire: je suis intimidé par ta puissance. Finalement, pour un loup tout à fait normal, ce mutisme laissait comprendre que la louve n'était pas intéressée à une quelconque discussion. Or, pour le Chapelier, ce silence mort ne signifiait rien. Naturellement il se foutait de ce que les autres disaient. Il avait vite apprit que le langage corporel en disait cent fois plus que les paroles. Ainsi, il continuait à observer Raven sans retenue.

D'ailleurs, la louve au pelage imaculé leva ses yeux vers lui. Et elle avait de si beaux yeux... Ils avaient un certain magnétisme, qui n'était pas présent dans tous les regards. En fait, le nombre de louve ayant un tel regard se comptait sur le bout de ses pates: Shola, et Raven. Ce qui était le plus étrange, c'est que ces deux louves avaient le regard d'un vide infini. C'était comme si la Wateriox avait été privée de la vue et de la parole. Au moins, son ouïe fonctionnait, puisqu'elle avait remarqué sa présence.

Le Chapelier se coucha près d'elle, comme si il l'avait connu depuis longtemps et qu'ils étaient de bons amis. Il posa son regard sur les vagues du lac. Les vagues étaient des vibrations. Une déformation dans la nape d'eau qui, si le silence et si l'immobilité du monde était de mise, serait immobile. Malheureusement, il y avait toujours quelque chose pour venir troubler sa quiétude. C'était probablement sa façon d'encaisser les coups de la vie. Si il avait été rigide, il se serait brisé... Aussi, le lac prennait les couleurs de son environnement. Il n'avait pas d'apparence particulière. Tantôt, il était bleu à cause du soleil, ou sinon vert lorsqu'un leafegon venait s'abreuver. Il pouvait même se teinter de rouge quand quelqu'un mourrait en son lit.


-Le lac est le reflet qu'on lui donne.

Et oui, ce lac n'était qu'un simple reflet... dans lequel on se noyait. Le fou sourit en coin. Il aimait le lac. Il avait beaucoup d'affinités avec lui.

-Il est rare que lorsqu'on aborde quelqu'un, ce quelqu'un demeure silencieux.

Il coula un regard amusé dans sa direction. Bien sûr, il avait entendu des Wateriox parler de cette fameuse Raven. Ils disaient qu'elle était possédée, qu'elle ne parlait pas, et que sa simple compagnie foutait la chair de poule. Selon les membres de la meute, elle était le mal incarné, la peste, la lèpre, toutes les abominations du monde en un corps. Elle était la mort quoi. Mais ce n'était pas toutes les morts qui étaient horribles. Certaines étaient d'une beauté si intense qu'on aurait aimé mourir cent fois de cette manière. Par exemple, mourir de rire!

-J'entends beaucoup de choses à votre sujet, milady. Par exemple, que vous êtes muette. Ce silence ne vous fait-il pas somber dans la folie?

Le Chapelier était déjà fou. Ainsi, demeurer silencieux durant des années ne le perturberait nullement. Or, pour certains loups, le silence était quelque chose d'effrayant. Beaucoup avaient besoin de se sentir entouré, par un bruit, par une présence. Le silence signifiait le néan pour eux. La fin, la mort, appelez cela comme vous le voudrez! Cette louve, qui avait passé une grande partie de sa vie, n'était-elle pas tannée de ce silence morbide? Le Chapelier ne se souciait pas du fait qu'elle ne puisse parler pour la réponse à sa question. Elle trouverait un moyen de répondre, ou alors demeurerait immobile, ignorant sa question.

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Sam 28 Avr - 13:57

# . "On peut voir celui qui regarde, mais on ne peut pas entendre celui qui écoute" [Marcel Duchamp]. Ce sera ainsi pour ce courageux loup venu se poster non loin de moi; sans aucune crainte éveillant son regard rieur et fou. Il verra celle qui le regarde; mais n'entendra nul son sortir de ma gorge. Ma voix s'est éteinte il y a quelques temps déjà, ne laissant place qu'à un silence complet et flottant doucereusement autour de moi, faisant fuir les autres, et m'attirant un calme profond que je ne puis qu'apprécier davantage chaque jours puisque je ne puis faire autrement de toute manière qu'elle soit. Le Chapelier - ou le Fou, comme le surnomme certains Wateriox de la meute - se coucha près de moi, comme si il me connaissait; si un Wateriox ou un quelconque autre loup d'une quelconque meute passait par là, il aurait pu le croire du moins. Le loup coloré déclara qu'il était rare qu'une personne réponde par un tel silence à la venue d'une autre personne, avec un regard amusé qu'il plongea sur moi sans retenue. Je continuais à le regarder dans les yeux, sans ciller. J'étais décidément plus petite que lui... Beaucoup plus fragile et frêle aussi. En bref, je ressemblais à un moustique tandis que lui ressemblait à un rhinocéros comparé à moi; joli paradoxe encore... Vous l'ais-je déjà dis ? J'adore les paradoxes. Je m'efforce d'en trouver dans tout ce que je fais, tout ce que je vois, touche, sent ou reconnait. Cela m'occupe, je crois. Le grand ( vis à vis de moi, naturellement ) loup orangé me demanda par la suite si mon silence si profond ne me faisait pas sombrer dans la folie... La Folie... Douce folie... Suis-je folle ? Non, du moins, pas encore, cher Chapelier. Pour l'instant je ne suis que l'ombre blanchâtre qui trône aux pieds de la Grande Faucheuse; tel un chien reniflant les proies de son maître chasseur. Oh, mais il fallait que je lui réponde, il me semble. Je ne puis parler; je ne sais plus parler, disons le clairement. Je suis revenue à l'état de petit louveteau venant de naître... Et encore, même ce genre de petiot saurais largement plus aisément ouvrir la bouche et sortir un petit son digne de son âge que le fragile être que je suis.
Mes yeux aux milles nuances restaient posés sur lui. En guise de réponse, je fit glisser une de mes oreilles en arrière, suivie assez vite par ma seconde oreille. Un léger mouvement de queue réprobatif appuya mon 'non'... En tout cas, c'est ce que je voulais faire passer comme message; le comprendrait-il ? Qu'en sais-je ? Je n'ai point l'habitude d'avoir quiconque si près de moi; cela doit faire quelques temps... Depuis que mes chers ravisseurs m'ont abandonnée disons. C'est depuis cette époque, que je suis muette, que je suis frêle, que mes yeux sont vides...
"Show me the shadow where true meaning lies,
So much more is made in empty eyes." [Exodus © Evanescence ] . #

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Lun 30 Avr - 1:08

Décidément, Raven était de ce genre de louves qu'on ne retrouvait pas souvent. Elle était étrange, tout comme lui-même, mais d'une étrangeté différente. Elle était nullement intimidée par le fait qu'il la dévisage ainsi sans retenue. Un loup normal prendrait cela comme une provocation, ou alors détournerait automatiquement le regard... pas elle.

Les êtres à part étaient toujours plus intéressant que les autres. Ceux qui ressortaient de la masse vallaient la peine d'être abordés pour de vrai. Les discussions avec un autre canin quelconque était généralement ennuyant. Surtout quand cette conversation commençait par: ''bonjour, belle journée n'est-ce pas?'' Les banalités étaient emmerdantes. Bref, tout cela pour dire que de s'entretenir avec une louve muette serait une bien belle partie de plaisir. Surtout si cette louve avait un 'je ne sais quoi' d'intéressant.

Raven glissa ses deux oreilles sur son crâne, suivit d'un mouvement de la queue. Un spasme nerveux? Une mouche qui venait la titiller? Pas du tout. En fait, c'était la réponse de la Wateriox à l'égar de la question posée un peu plus tôt, au sujet de la folie. Naturellement, plaquer les oreilles sur son crâne était un signe négatif. Et le mouvement fluide de la queue venait l'appuyer. Bref, il était évident que sa réponse était une négation. Ainsi, non, ce silence ne l'embarassait pas. Cette réponse fit sourire le Chapelier. Mais ce ne fut pas sa réponse qui était la cause de ce sourire, mais plutôt la façon qu'elle avait employé pour la dire: elle n'avait pas simplement secoué la tête. Raison de plus pour dire qu'elle était spéciale, et que sa réponse n'était pas un simple non. C'était un non beaucoup plus gracieux. Si cette louve savait parler, toutes les discussions verbales qu'il pourrait entretenir avec elle ne se compteraient même plus!

Comme tout bon espion, le Chapelier recueillait beaucoup d'informations, tant sur les autres meutes que sur la sienne. Comme les tragédies étaient ce qui était le plus souvent répété, il savait que cette louve avait vécu un certain martyr. Il le savait, mais lui-même n'avait jamais rien vécu de tel, alors il ne pouvait comprendre la gravité de la chose. Lui avait manqué de se faire dévorer, mais selon lui, c'était un anecdote cocasse de son passé, qu'il gardait pour lui. Personne sur l'île n'était vraiment au courrant de son enfance, ou alors de ses tendances... étranges, disons le ainsi, en matière de nourriture.


-'Il fait un temps radieux, n'est-ce pas?' Oui, mais je n'aime pas le soleil. 'Ah bon? Pourquoi?' Il me fait suer, et donc, je dois me laver deux fois par jours! 'Vous devriez essayer les escargots.' Oui, merci du conseil!

Sur ces paroles pleines de sagesse, le Fou se tut. Parfois, des mots sortaient de sa bouche et en les assemblant, cela créait un espèce de ramassit d'idées incohérantes, mais qui était pleinnes de sens. Enfin, pour le Chapelier. En quelques phrases, il avait expié son agacement pour les mots inutiles, le soleil qui le rendait trop ''lourd'', ainsi que le fait que les escargots étaient délicieux. À condition de garder la coquille! Bref, que de bla bla inutile et sans grand lien avec Raven. Bref...

À ce moment précis, il y eut un envol d'oiseaux. Le Fou suivit leur course des yeux. Les croassements qui résonnaient et leur plumage ocre, cet aura lugubre qu'ils dégageaient, c'était des corbeaux. Et ils se dirigeaient vers la forêt des Leafegons. Probablement qu'il y avait eut d'autres morts depuis la guerre, des désobéhissants, qui maintenant pourrissaient en cette canicule!


-Rien n'arrive pour rien, murmura le Chapelier entre ses crocs.

Il avait dit ce proverbe pour lui-même, tout en salivant. La chair en putréfaction avait un goût différent à celui de la chair fraîche. Quand la vie venait tout juste de quitter le corps, la viande était plus dure et goûtait surtout le sang. Mais après quelques heures, le tout se décontractait, l'odeur se faisait sentir et les tissus se décomposaient lentement grâce aux bactéries et insectes.

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Lun 30 Avr - 17:03

# . Ma simple réponse corporelle sembla suffire au mâle qui me sourit de nouveau. Sourire... Certains disent que c'est primordial dans la vie. Que cela peut soigner n'importe quelle souffrance psychologique - et parfois même physique. Que cela prouve que nous sommes heureux comme on est. Que sourire est un avant-goût du paradis ou je-ne-sais quoi que j'eusse entendu en quelque point de ces terres répondant au nom de Wenfile. Mais savent-ils à quel point ce qu'ils disent est vide de sens ? Vide de toute logique puérile qui soit ? Tout le monde peut sourire - Même moi, c'est vous dire. C'est un geste simple, aisé, à la portée de n'importe qui. Suivant leurs logiques bien peu recommandées, si je souris, c'est que je suis heureuse et bienveillante ? ... Alors je vous pose une question. Avez-vous déjà vu un corbeau charognard sourire autrement que par délice à l'idée de rôder auprès d'un cadavre en putréfaction ? Non. Nous les corbeaux, ne semblent être heureux uniquement lorsque nous pouvons enfin rôder autour d'un reste en train de se dégradé avec le temps et autres facteurs de la vie ou de la mort. Avez-vous déjà vu la Mort sourire ? Oui. Lorsque votre mort est si proche qu'elle peut vous caresser délicieusement, vous offrant milles frissons vous parcourant l'échine avec une froideur incontestée... Est-ce bienveillant ? Non. Pas de votre avis, je le crois. Heureux ? Oui. Maintenant, autre chose. Ce loup triste d'avoir perdu sa compagne, par exemple, s'il vous sourit, conclurez vous au bonheur ? Non. Le sourire ... Une chose éphémère et sans raison d'être. Cela ne veut absolument rien dire tant il peut être différé. De toute façon, le bonheur, c'est quoi ? Sourire ? Éphémère.
Le Chapelier se mit à sortir un flot de parole continue sans aucun rapport les unes avec les autres... Je vous avoue n'avoir strictement rien compris. Mais cela semblait avoir un certain sens pour lui... Du moins, il me semble. Il méritait peut-être bien son surnom; Le Fou. Mais qu'est-ce que la folie ? Il en existe tellement qu'il est impossible de qualifié réellement ce qu'est la folie d'un certain être. Qu'importe. Il restait là... Pourquoi ? Sûrement que ce loup coloré puisse s'ennuyer. Quoi qu'être auprès d'une muette au pelage blanchâtre de skywing ne pouvait pas être bien divertissant. Qu'importe. Je suivis sont regard lorsqu'une bande d'oiseaux au plumage maculé d'ébène s'envola dans les cieux, provoquant un contraste marquant entre le ciel bleu et le noir lugubre de leurs plumes. En direction de la forêt appartenant aux êtres prénommés Leafegon. Je suivis précisément l'un des corbeaux, ressentant chaque battement d'aile qu'il faisait, éprouvant son désir de rôder sa proie. Il était noir, comme les autres. Mais ses yeux, semblaient différents puisqu'ils brillaient d'une certaine lueur que je n'eus point le temps de déterminer tant il était pressé de choisir son propre butin. Rôder. C'est tout ce que nous faisons de bien, il me semble. Je resta un petit moment à contempler dans leur direction; émanait de cette forêt une aura mortelle. Je n'avais jamais côtoyer de Leafegon, mais au fond de moi je le savais qu'il y avait des morts... Beaucoup de morts. Tout le monde le savait. 'Qu'écarlates ou vert, près du roi qui les raille croulent les bataillons en masse dans le feu'. Ne les connaissant pas, mon aura ne s'était pas activée. Pour l'instant, j'étais libre de mes instincts. Pour l'instant... Je ressentais quelque chose vis à vis de notre meute. Je crois qu'un de nos guerriers ne passera point ce mois-ci. Mais il n'est pas assez mourant pour me permettre de rôder autour de lui comme ces délicieux et effrayants corbeaux s'envolant pour faire ce qu'ils ont de mieux à faire de leur misérable vie reniée. Tout le monde le sait. Un Corbeau est égal à la Divine Mort.
Pourquoi ne suis-je pas noire comme vous, chers confrères maudits ? Je me sentirais encore plus proche de vous en ayant votre si jolie couleur des ténèbres... Non, je suis blanche. Blanche comme une colombe. Blanche comme de la neige. Blanche comme un Skywing. Blanche maculée. Blanche comme la Pureté et l'Innocence que l'on ne me croit pas si bien être. Blanche... Cette couleur m'irait si mal ? Noir serait plus approprié, à ce qu'il paraît. Qu'en dites-vous mes congénères de foi et de loi ? Je n'ai même pas votre puissance ni votre prestance. Non, je suis Blanche. Blanche fantomatique. Blanche comme je ne devrais point être. Blanche... Ce reflet est le mien, et pourtant, il me va si mal... Tout comme cette douce couleur d'Athéna qu'aurait dû être ce blanc maculé apposé sur ma fourrure teintée d'un si joli et lugubre voile de notre Mort Divine appréciée par la Faucheuse Impitoyable . #

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Mar 1 Mai - 7:54

L'envolée des oiseaux de l'ombre n'attira pas uniquement le Chapelier. La wateriox à ses côtés avait elle aussi suivi l'envolée aux intensions macabres. Enfin, 'macabre' était un terme plutôt dramatique... Après tout, ces oiseaux n'allaient-ils pas simplement faire ce que tout bon mortel vie pour: se nourrir? Quand on y repensait bien, tout n'était qu'une question de nourriture... Les Gwanfires vivaient dans un territoire aride, où aucun chevreuil n'allait mettre le sabot! Il était normal qu'ils veuillent à tout prix augmenter la superficie de leurs terres! Si les Wateriox demeuraient sages dans leur coin, c'était parce que les poissons les contentaient très bien. Ou alors parce qu'ils n'avaient jamais eu d'Alpha qui aimait la bataille. Au fait, quel Wateriox aimait se battre? Personne, sauf exceptions. Encore là, le Chapelier faisait exception. Il aimait se battre, l'adrénaline le faisait sentir vivant. Pour certains, c'était la peur. Pour lui c'était la souffrance, reçue et infligée.

Souffrances émotionnelles, souffrances physiques... les deux étaient des bienfaits de la vie! Les maux permettaient un meilleur contrastre. Ainsi, plus on souffrait, plus on était capable d'apprécier le bonheur. Par exemple, un leafegons maintenu dans les confins du volcan à endurer morsures et insultes ne vivait que de souffrance. Alors, quand on lui montrait une forêt, il l'appréciait cent fois plus qu'avant. Ou alors, la mort permettait de mieux apprécier la vie.

-Tout ce monde est à l'envers... Le monde est en perpétuel équilibre, balançant entre les qualifiés 'bien' et 'mal'. Tout est paradoxe... tout est contraire à la réalité.

En un sens, ce n'était pas pour rien qu'il était fou, ce Chapelier! Puisque la vie était un tel paradoxe, la folie devenait la sagesse pure. Non? Huh, cette sagesse.... elle quittait l'âme d'un loup dès qu'il se disait lui-même sage. Au fond, cette sagesse avait tendance à disparaître comme un brouillard qu'on essaie de saisir, et qui, dès qu'on tente de l'emprisonner entre nos pattes, glisse et fuit. Impossible d'atteindre l'idéal. Il y avait toujours quelque chose à améliorer... Mais au fait, pourquoi pensait-il à tout cela?

Le Chapelier éclata de rire, comme s'il venait d'inspirer un gaz hilarant. Quand il se calma, il coula un regard amusé et brillant de cette lueur insaisissable vers Raven.

-J'ai l'impression que tu dégages une odeur qui agit directement sur mon système neuronal. Autrement dit, tu me fais penser à beaucoup beaucoup de choses. Ce genre de choses que tu penses avant de t'endormir ou quand tu crois que ta vie ne vaut pas grand chose, ou simplement quand tu y penses (logique). Raven, cette mort qui te colle au basques. qui défini tant ta personnalité... elle m'amuse beaucoup.

Raven était ce qu'on pouvait décrire comme une personne stoïque d'apparence. Ce qui se tramait dans la cervelle de cette jolie nymphe des lacs était complètement voilé par son regard morne. Or, le Chapelier était certain que ce silence ne faisait que cacher un esprit profond. Après tout, il était reconnu que les silencieux étaient les plus attentifs. Et qui dit 'attentif' dit quelqu'un qui sait se faire un opinion des choses. C'était ce qui était le plus important dans la vie, après manger biensûr: son propre opinion.

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Mer 4 Juil - 17:08

# . Ce reflet est toujours le même. Non... Autrefois il n'était pas ainsi, pas encore. Quand j'étais petite. Toute petite et fragile que j'eusse été en ces temps qualifiés de joyeux, et éphémères. Je n'étais qu'une loupiotte amusée de tout, cherchant la compagnie des autres pour jouer... Pathétique. Les autres, ne sont qu'un ramassis d'êtres sans intérêts qui aiment croire qu'ils sont quelque chose d'intéressant pour les autres et pour le monde. Non. Vous n'êtes pas indispensable. Loin de là. Vous mourrez un jour. Et nous vivrons sans vous jusqu'à ce que notre mère la Mort vienne nous chercher à notre tour, déchirant alors notre âme de sa faux perlant de gouttes d'âme ensanglantée et perdues sans leur enveloppe corporelle de chair et de sang. On dit qu'être bête et idiot se n'est rien, mais que n'être rien c'est idiot et bête. Pourtant, nous ne sommes rien que de la nourriture. Nous tous autant que nous sommes, ne feront que nourrir La Mort et ses sbires les corbeaux, les vers, les insectes, le sol et les autres charognards qui peuplent notre Terre. Par ailleurs, on dit qu'ils n'ont pas leur place ici, tous ces charognards... Mais nos corps en putréfaction devraient-ils rester sur la surface de la Terre encore longtemps ? Non, ils viennent nettoyer les immondicités que nous sommes, en les digérant lentement. Merci à vous chers Amis des Ténèbres de le faire, je crois que cela vaut mieux pour tout le monde. Sinon, pourquoi auraient-ils été créé ? Ils sont les Nettoyeurs du Monde. Ils dépolluent la Terre de nos êtres sans intérêts que nous sommes. Comme vient de le dire Le Chapelier, 'Tout ce monde est à l'envers'. Mais qu'est-ce que le 'Mal' ? Mais qu'est-ce que le 'Bien' ? Ce ne sont que des noms ou adjectifs attribués à une personne sous les lois et principes qu'un jour quelqu'un aurait prononcé et que tout le monde aurait prit comme lettres d'or. Personne n'est 'Bien'. Personne n'est 'Mal'. On est juste des loups sans avenir.
C'est pendant mes petites réflexions personnelles -- et elles ne puissent être autrement -- que Le Fou Coloré se mit à rire d'un coup, sans raison précise. Bien que je ne sois pas sûr qu'il faudrait une raison pour rire de la sorte. Il me regarda d'un air qui semblait propre à se dernier, amusé et souriant... Là encore je me rendis compte de la faiblesse de mon corps. Il était grand et costaud, et ses crocs semblaient pouvoir me broyer les os sans aucun effort. Si j'ai peur ? Non. Au contraire, je ne sais pas. Je n'ai pas peur. Je ne suis pas admirative ni en quête de quoi que ce soit. Juste, le savoir, me donne une étrange impression de protection, de dangerosité... Je serais donc étrange jusqu'au bout de mes coussinets, je crois. Qu'importe. Il déclare alors que ma présence le fait réfléchir... En même temps, comme cela pourrait-il en être autrement ? Je suis muette. J'ai appris à être muette. Mais vous savez que notre proverbe dit ? La parole nous a été donnée pour déguiser nos pensées. Ainsi, je ne déguise point les miennes derrière des paroles futiles et sans intérêt. Il appuya le fait que la Mort qui me 'colle aux basques', qui me 'définit', l'amuse beaucoup... Il y en aura au moins un que cela amusera. La Mort me suit... Oui... de près, très près. Non, elle fait partit de moi. Partit intégrante de mon être. C'est Moi, en quelque sorte. La Mort est comme une parcelle de mon âme. Comme si je ne serais rien sans elle. Je ne suis rien sans elle. 'Grâce' à elle, je 'suis' ce 'Charognard Blanc de la Mort' pour 'eux'. Pour 'les autres'. Pour lui aussi peut-être.
Je fis frémir mon oreille gauche et fit un très léger mouvement avec mon museau en décrivant une sorte de demi-cercle de la gauche vers la droite -- un tout petit à peine perceptible. Une réponse ? Une sorte de. Mon regard se plongea vers l'horizon où on pouvait deviner l'île de la meute de l'Eau. Ma gueule s'entrouvrit d'un demi-millimètre l'espace d'un quart de seconde, y laissant entrer plusieurs effluves auxquelles je ne prêta pas attention plus que cela. Mes yeux se fermèrent à moitié, comme si une fatigue soudaine m'appuyait les épaules... Mes pattes se ramollirent et je me laissa tomber sur l'herbe doucement en relevant uniquement une patte afin de laisser mon poids du corps -- pas bien lourd vous le savez -- m'entraîner vers le sol. Sans aucun bruit ou autre je finis couchée, la patte gauche repliée sous moi, l'autre vers l'avant, frôlant l'eau glacée du lac. J'étais assez faible ces temps-ci, réfléchir autant m'épuisait beaucoup, et la venue de cet inconnu si étrange m'avait encore plus fait réfléchir qu'à mon habitude. Peut-être faudrait-il que je songe à manger aussi. En tout cas, il faudrait que je reste tranquille, ou je n'arriverais jamais à traverser le lac de nouveau pour retourner sur l'île aux Bleus. Voici l'exemple parfait de la difficulté d'être faible corporellement parlant si je puis le dire ainsi. Mais s'était quelque chose que je chérissais; la faiblesse. Ma faiblesse. Elle me rappelle à quel point La Mort peut aussi me rendre forte. Vis à vis des autres. Vis à vis de Moi. Vis à vis de mon corps. Je suis une proie facile. Un combat m'entraînerais vers la mort à coup sûr... Peut-être est-ce pour cela que savoir qu'un Grand Loup au caractère très Étrange et peut-être Dangereux puisse me paraître correct ? 'Agréable' ? Oui. Parce que, de lui, émane aussi un soupçon de mort. Chérissant la Mort Appréciable, je ne puis que ne pas y prêter une quelconque menace. Oh, il pourrait me tuer. Me dévorer. Qu'importe. Je m'en fiche. Mes yeux restaient entrouverts, ma tête reposant juste à côté de ma patte repliée. Mon regard restait sur Le Chapelier, sur ses pattes plus précisément puisque ce dernier est plus grand que moi. On pourrait dire un pauvre Agneau à côté du Loup qui devrait le dévorer mais qui ne fait rien. Il faudrait sérieusement que je songe à arrêter de penser autant que cela. Me connaissant, je ne puis m'arrêter, surtout avec un être à côté de moi.... Qu'importe... Cela change mes habitudes... Peut-être est-ce bien... Ou pas... Qu'importe.

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Mer 1 Aoû - 8:57

Cette réponse que Raven venait tout juste de faire, ce mouvement subtile du museau, et bien... Le Chapelier n'y comprit strictement rien. Il fallait se l'avouer, ce n'était pas aussi clair que des mots. Cependant, c'était beaucoup plus satisfaisant que des mots. Parfois, les paroles étaient de trop. Avec le Chapelier, il fallait savoir bien les trier. Raven elle demeurait muette comme une tombe. C'était une bonne chose, car cela donnait de l'importance à ses réactions, si minimes fussent-elles.

Ce geste soulignait ce que le Fou venait de dire à haute voix. Et cela suffit pour faire sourire le mâle. Pas besoin de mot pour savoir qu'un lien s'installait entre eux deux. Ces deux énergumènes tout droit sortis de mère nature, tous deux étant jugés désaxés par des loups qui se croyaient 'droit'. Mais si on savait vraiment regarder, on se rendait compte qu'il n'y avait personne de désaxé. Si on ne voyait pas le point de vu d'un autre loup, il suffisait de pencher la tête sur le côté! Et là, ce loup devenait droit! Voilà.

Raven s'étendit sur le côté. Comme à son habitude, le Chapelier ne loupait aucun de ses mouvement, ni l'emplacement de son regard terne. Il était posé sur ses pattes. Le Fou posa à son tour les yeux sur ses griffes, sa fourrure. Ces pattes, elles avaient servies à tant de choses... Nager, marcher, courire, déterrer un petit crustacé,... tuer. Oh oui. S'amusant un peu, il teinta ses pattes de rouge sang en utilisant son don. Il fit remonter la couleur comme des flammes, puis le petit tour de passe passe s'évanoui et il reprit ses couleurs éblouissantes.


-Raven, à part prédire la mort, as-tu déjà tué quelqu'un?

Il y avait une grande différence entre regarder la mort dans les yeux, voir des loups perdre la vie et les tuer soi-même. La deuxième situation était cent fois meilleure que la première, car il y avait un choix à faire. Laisser la mort s'emparer de l'âme de sa victime, ou la laisser vivre. Le Fou ignorait si la louve choisissait ou non la mort des loups d'avance. Peut-être, peut-être pas. Il ne lui posa pas la question. En fait, il se contenta de se lever et de marcher vers l'eau. Il avait besoin de se rafraîchir un peu, ce soleil commençait à lui tapper dur sur la tête.

Le Chapelier fit une roulade sur le côté, imbibant sa fourrure d'eau claire. Il sentit aussitôt son poid augmenter, comme si ces gouttes tentaient, en vain, de l'entraîner au sol. D'un mouvement sans grande classe, Le Fou se débarassa de ces gêneuses, arrosant partout autour de lui, dont Raven. Ce ne lui ferait pas de mal. Elle semblait tout aussi amorphe que lui quelques minutes plus tôt! Le Chapelier revint près de son 'amie'. Amie, c'était un bien grand mot! Ils étaient rares ceux à qui le Chapelier avait donné son amitié. En fait, ils étaient inexistants, ou presque. Mais il aimait bien Raven. Et il la voulait pour amie. Ainsi, le Fou s'allongea près d'elle. Et c'est là que leur différence de taille fut la plus frapante: elle si fragile, délicate, minuscule, naine, comparée à lui. Lui, il avait une bonne musculature, il était plus grand, et certainement plus redoutable.


-...Plus petite que ça, tu disparais dans le monde des microbes chérie.

Ces paroles n'avaient rien de méchantes, c'était une petite remarque, lancée comme ça. Le Fou se leva à nouveau. Il fonça dans l'eau, s'engouffrant dans les profondeurs du lac, troublant sa tranquilité. Il disparut de bonnes minutes. Le lac en profita pour retrouver son calme habituel, sa surface lisse, imperturbable... Puis, surgissant à travers les flots, Le Chapelier remonta à la surface, un poisson bien juteux dans la gueule. Du sang gouttait de la gueule du mâle, se mêlant à son pelage, ruisselant jusqu'à l'eau. Le Fou se rapprocha de Raven et laissa tomber sa proie devant son amie. Le poisson mort la fixait de son gros oeil. Sans rien dire de plus, l'Espion reprit sa place initiale, posant son regard mystérieux sur la belle faucheuse. L'insistance dans ses yeux ne lui laissait pas le choix: elle devait manger ce poisson.

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Mer 1 Aoû - 21:33



[Navrée,
cette réponse n'est point ce que je souhaitais faire. J'ai eu un soucis avec
internet, faisant disparaître ma répondre lorsque je l'ai posté. J'ai dû
reprendre une bonne partie de ma réponse - vers la fin - ce qui fait qu'elle
est moins bonne que ce que je l'eus espéré... Et j'ai aussi un soucis avec la mise en page que je n'arrive pas à régler. Je met le texte sous spoiler du coup car tout est en colonne, vraiment désolée pour ce post qui manque de qualité ...]

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MessageSujet: Re: Le Mal . #   Jeu 9 Aoû - 7:15

Raven était une louve docile. Le Chapelier n'avait pas eu à lui dire, elle s'était mise à manger le poisson qu'il venait de pêcher. Tout en la regardant se rassasier, le Fou repassait dans sa tête les réaction qu'elle vait eu à ses questions. Non, elle n'avait jamais tué aucun loup. D'un autre côté, cela n'avait rien d'étonnant, vu sa petite taille. C'était à peine si elle se brisait les os en trébuchant sur un cailloux.

Les deux Wateriox étaient installés, là, près du lac. L'un veillait sur elle, qui se délectait. De loin, on aurait pu jurer qu'un certain lien les unissait! Et d'ailleurs, il y en avait un qui était entrain de naître. Cependant, n'allez pas croire que le Chapelier s'était entiché de cette beauté des eaux. En fait, il appréciait son silence et son âme. Une âme profonde et sombre, trouble, dure à déchiffrer tout en était parfaitement claire. Bref.

Sous l'oeil attentif de l'Espion, Raven cessa de manger, complètement repue. Et pourtant, elle n'avait pas tant mangé que cela! Un large sourire étira le visage du Chapelier. Aussitôt eut-elle reposée sa tête sur ses pattes qu'il saisit le poisson entre ses crocs, l'avalant d'un trait. De l'animal aquatique, il ne restait rien, ormis un peu de substance gluante et rouge à l'endroit où il se trouvait. Le Fou rendit le regard que Raven lui adressait. D'ailleurs, elle lui adressa un petit soupire de satisfaction. Le mâle se lècha les babines, le regard brillant de malice, puis lui adressa un clin d'oeil charmeur.


-Tout le plaisir est pour moi, bella! Je ne pouvais pas laisser un ange à l'agonie.

Tant que le Chapelier appréciait la compagnie de Raven, rien ne lui arriverait. Il la voulait sur terre, afin de pouvoir se divertir. Au diable cette faucheuse qui attendait la fin des vies des mortels, elle attendrait encore longtemps avant de venir chercher ce corbeau blanc. Le Fou était égoiste, que voulez-vous.

Tranquillement, il immita la louve près de lui, posant sa tête sur ses pattes. Il ferma doucement les yeux, laissant le soleil filtrer à travers ses paupières. Il était las de tout. Laissant ses pensées vagabonder, il en oublia son ennui et sa fatigue. Génial, non?


-Hm, maintenant que nous avons passez quelque temps ensemble et que nous avons partagé un poisson, je crois qu'une présentation s'impose, bien que je sache que tu sais qui je suis. Car je sais qui tu es et qu'avec le temps, tu as récolté certaines informations au sujet des loups de cette meutes. Tu sais qu'on me nomme 'Le Chapelier', je sais qu'on t'appele 'Raven'. Mais il y a 'nommé' et 'identité', ce qui n'est pas la même chose. Qui es-tu, Raven?

Le Fou ne s'attendait pas à entendre quoi que ce soit. La louve pouvait prendre la question de façon philosophique ou non, mais une chose était certaine, elle n'était pas cette créature du démon dont tout le monde parlait. Elle était une Wateriox, elle aussi.

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